27/01/2012

FEMMES A L'HONNEUR AU FANFAN !!!

LES DIMANCHES “WANITA CANTIK” au FANFAN

Travailleuses pauvres, chefs de famille monoparentales, les femmes sont de plus en plus exposées à la précarité, sans oublier qu’elles vivent plus souvent que les hommes, sous le seuil de pauvreté. La majorité des allocataires de minima sociaux sont encore les femmes. La précarité c’est ce statut flottant dans lequel le moindre élément qui dérape peut gripper tout le mécanisme, cette limite avec la pauvreté dans laquelle on peut tomber pour un rien. Les conséquences de la crise vont toucher de plein fouet les personnes aux revenus les plus faibles et donc forcément les femmes qui sont proportionnellement six fois plus nombreuses que les hommes à travailler à temps partiel, soit 42 % contre 7 % ces dernières années. Et ce n’est pas, comme le prétendent certains, un choix délibéré de leur part, mais plutôt un choix contraint lié au rythme de la vie de famille. 

“ - Un soir, une femme d’une trentaine d’années est entrée au Fanfan et a demandé à s’adresser au responsable. Quand je me suis présenté à elle, embarassée, elle me dit qu’elle habite le quartier et prétend vivre seule avec son enfant qui l’attend à la maison, l’estomac vide. Malgré les aides sociales et son boulot, elle ne peut subvenir à leurs besoins. Elle voulait juste que je lui offre quelques tranches de pain, un peu de charcuterie ou un morceau de fromage que j’avais en trop, en précisant qu’elle a honte mais qu’elle s’en fout. Je lui ai préparé deux bagels qu’elle emporte en me remerciant. Ce qui m’a frappé en la voyant c’est qu’elle était loin du cliché de la pauvre femme qui fait la manche, elle était propre sur elle, correctement vêtue et ne sentait pas l’alcool. Elle m’explique juste qu’elle ne s’en sort pas et qu’elle n’en peut plus de “ramer” ce que je comprends. Cette femme aurait pu être ma mère à une époque, ma soeur aujourd’hui, ma fille demain, ou une amie proche parce qu’il ne faut pas forcément faire partie du quart-monde pour se trouver dans la dèche. J’ai la chance de pouvoir m’en sortir, travailler et d’avoir l’énergie de soulever des montagnes afin de permettre à mes enfants de grandir et évoluer à l’abri du besoin, ça n’empêche que j’ai connu et connais encore parfois des périodes difficiles, j’imagine très bien tout le mal que peuvent avoir beaucoup d’entre nous pour “bouffer”, tout simplement, se loger, vivre. 

Je n’ai pas le carisme, la popularité ou les moyens d’un Coluche pour faire d’aussi grandes choses que les restos du Coeur, mais à mon échelle, je refuse de rester sans rien faire et donnerai toujours ce que je peux à qui je peux, afin d’apporter un peu de réconfort et de bien-être.

Depuis deux ans, je rêve d’un endroit où l’on puisse venir passer un agréable moment, manger et boire sans débourser le moindre centime, aussi utopique que ça puisse paraitre, en me disant que si ça n’est pas le cas, je parviendrai peut être à le faire pour une poignée de privilégiés, de temps en temps. 

Je rentrais d’un voyage à Cuba où j’ai perdu mon porte feuille. Pendant quatre jours je me suis retrouvé à la Havane, sans ressource, jusqu’ à ce que je rencontre une femme, Lucia, qui devait avoir l’âge de ma grand-mère, dans la misère mais qui n’a pas hésité un seul instant à partager avec moi ses tickets de rationnement. C’est à ce moment que le déclic s’est fait et que j’ai tenu à rendre hommage à son geste de générosité et d’amour en créant Wanita Cantik (femme merveilleuse en balinais). Deux collections de vêtements pour femmes et un documentaire plus tard, je décide d’abandonner mes projets personnels pour me consacrer à l’ouverture du Fanfan et débuter mon action. 


Le Fanfan, n’est pas seulement ce petit bar à vin “branché” du quartier de la place Fernand Cocq, dans lequel on vient prendre l’apéro ou passer la soirée entre amis, c’est aussi, un endroit, tant qu’il sera sur pieds, qui me permettra de donner naissance à ce projet que j’ai en tête depuis mon retour de Cuba. 

Dès le 29 Janvier prochain et ce, chaque Dimanche, Le Fanfan offrira entièrement à ces “Femmes au bord de la crise de nerfs” dont je parle au commencement de cet article, mais aussi à toutes celles qui se sentiront concernées ou touchées par cette initiative, un moment privilégié entre elles. L’occasion pour chacune d’échanger leurs besoins, envies et savoir-faire, autour d’un buffet, d’un bon verre, en présence d’artistes de tous horizons… Et sans claquer une thune, “Juste une bouffée de bien-être en période de crise”. 

Cette action n’est pas politique, ni interessée, elle vient juste du coeur, parce que je crois au plus profond du mien que les discours ne servent à rien et que seuls les actes concrets peuvent changer les choses, surtout en ces temps si difficiles où l’on nous parle principalement de “galère”. 

Rendez-vous le 29 Janvier de 16 à 20h00 !!! 

Le Fanfan, 7 rue de la tulipe, 1050 Bruxelles (place Fernand Cocq)IMG_8674.JPG

Lucia (La Havane 2010)

16:00 Écrit par fred brival dans Blog | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Commentaires

C'est de 16 à 20h00 !!!

Écrit par : Fred | 27/01/2012

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Mon dieu...ce billet me touche...et nous vivons dans un pays qui a la réputation d'avoir encore un modèle social!
Qu'adviendra-t-il si ce modèle social s'effrite ????!!

Écrit par : JN Gosselin | 27/01/2012

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Mon dieu...ce billet me touche...et nous vivons dans un pays qui a la réputation d'avoir encore un modèle social!
Qu'adviendra-t-il si ce modèle social s'effrite ????!!

Écrit par : JN Gosselin | 27/01/2012

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Une très belle initiative qui fait du bien!

A quand la prochaine édition? Je n'ai malheureusement pas pu assister à la première.

Merci à tous les solidaires.

Écrit par : Justine | 07/02/2012

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Justine, c'est le Dimanche que ça se passe. Il ne faut pas hésiter à venir !!! Merci.

Écrit par : Fred | 08/02/2012

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